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6/4/2008 Fête des mèresIl y a environ quinze jours, c’était la fête des mères. Ça fait toujours aussi mal, même après tout ce temps. Trois ans déjà… mais trois de trop !
La première fois, je me suis dit que c’était normal. L’année dernière, cette fête annonçait la sortie de mon livre. Cette année, rien. Du vide. Beaucoup. Partout. Autour de moi. En moi. Plein de vide…
Des flashs dans la journée. Polaroïds. Rapides. Elle était sur un lit. Les yeux fermés. Elle semblait dormir. Du jaune. Du rouge. Du bleu terne. Du gris. Beaucoup de gris. Et puis plus rien ! Juste moi, assise sur une pierre du jardin... absente.
Je suis là sans être là. On me parle. J’observe. Mon regard traverse les corps, les pierres, les murs, les montagnes. Je me laisse enfermer sans me défendre. Je la laisse m’envelopper dans son souvenir. Je laisse monter en moi ces sentiments monstrueux, géants !... Aujourd’hui, elle a tous les droits… et moi, je n’en ai pas.
Je suis triste. Jalouse ! Moi aussi j’en veux une bien vivante ! Moi aussi j’en veux une à qui offrir un cadeau ! Moi aussi j’en veux une à embrasser ou serrer dans mes bras… Je ne le montre pas. Je ne peux pas. Je n’ai pas le droit. Parce qu’elle est là, elle.
Elle aussi est malade. Elle aussi a le cancer. Mais elle n’est pas comme la mienne. Pas aussi malade ! Pas aussi abattue ! Pas aussi torturée ! Pas aussi triste. Ni aussi silencieuse... Plus rayonnante. Tant mieux pour elle. Mais la mienne… ?
Je n’ai plus le droit. Elle n’est plus là. Plus le droit de l’entendre. Plus le droit de la sentir. Plus le droit de la regarder. Plus le droit de lui parler. Même plus le droit de lui écrire. A peine le droit de lui offrir des fleurs. Celui de penser à elle. Et celui de l’aimer.
Trois ans déjà. Le temps passe vite. Ou pas assez. Si j’avais su j’en aurais profité davantage... Autant de regrets qui grandissent avec le temps. Les pensées. Les souvenirs qui s’effilent… Au départ, c’était les « pourquoi ? ». Après, ça a été l’acceptation. Je la trouvais trop rapide. Je ne me suis pas trompée.
Cette année, j’ai offert à ma mère un bouquet de regrets orné de « pourquoi ? », de larmes et de tristesse… avec, épinglé au feuillage, une petite carte remplie de rage.
5/17/2008 Jack & SachaCi-dessous, quelques photos de Jack & Sacha. C'est un couple de perruches calopsittes, originaires d'Australie.
Elles sont chez nous depuis à peine un mois. La première semaine, elles s'éloignaient dès que quelqu'un s'approchait de leur cage et me piquaient le bras lorsque je nettoyais leur cage ou leur donnait à manger. La deuxième semaine, nous étions en vacances. RAS sinon qu'elles ont mangé les feuilles des plantes à leur portée. La troisième semaine, il leur a fallu se réhabituer à notre présence. Mais ce sont des perruches si curieuses qu'elles étaient aux anges puisqu'elles ont une vue magnifique sur l'unique et grande pièce du bas et que la table est à un peu plus d'un mètre de leur cage. La fin de la quatrième semaine fut pour elles... l'apothéose. Après quelques petites inquiétudes à cause de leur picage et chamailleries quotidiennes, vous allez constater que finalement... ils ont fini par copiner. Enfin... copuler serait plus juste ! Voici Jack, le mâle. Il est reconnaissable à ses joues colorées de jaune. Il a également le bec et les griffes grises. Il pousse des cris et chante. Son chant est mélodieux et il peut recréer des sons entendus quotidiennement.
Voici Sacha, la femelle. Son bac et ses griffes sont roses. A l'inverse du mâle, elle ne chante pas. Elle pousse seulement des cris. Elle est un peu moins habile que Jack pour se déplacer.
Comme vous pouvez le voir, ils sont curieux...
Mais ça ne les empêche pas de s'envoyer en l'air devant tout le monde !!!
3/3/2008 Punition
Elle était belle, elle était brune Fesses en arrière sans retenue Genoux au sol comme pénitence Elle n’a pas su tenir son rang
Interdit enfreint sans autorisation Aujourd’hui ce sera punition Les yeux fermés dans l’attente La novice accepte la sentence
12/18/2007 Mots en or...A une muse en peine. Que ses douleurs soient miennes afin de lui souffler un rayon de sourire...
Si mes mots étaient de l’or Ils conteraient ton histoire Mais ils ne sont qu’argent Et se contentent du présent
Si mes mots étaient de l’or Ils soulageraient ton présent Mais ils ne sont qu’argent Et s’ajustent à ton chant
Si mes mots étaient de l’or Ils chanteraient tes espoirs Mais ils ne sont qu’argent Et voilés par tes larmes
Si mes mots étaient de l’or Ils imploreraient tes douleurs Mais ils ne sont qu’argent Pour consoler tes silences
Si mes mots étaient de l’or Ils voleraient tes maux Mais ils ne sont qu’argent Et t’apaisent pourtant…
© FB 12/14/2007 Promesse
Qu’est-ce que la distance, si Celui qui attend effleure mon âme chaque jour de son amour le plus sincère… ? Ce poème est pour Lui… pour Vous.
Donnez-moi du temps pour goûter Et savourer les arômes de Votre retour, Laissez-moi du temps pour sombrer En me drapant dans Votre essence,
Donnez-moi du temps pour me dévouer Et tendre vers Vous une âme fébrile, Laissez-moi du temps pour me dévoiler, Vous livrer des charmes sans pudeur,
Donnez-moi du temps pour composer Et accorder mes humeurs aux Vôtres, Laissez-moi du temps, je reprends pieds Une rafale d’absence m’a emportée…
© F.B. 11/19/2007 C'est une première...Exposition photo au salon d'Automne à Bièvres
au centre culturel Louis Ratel
du 24 novembre au 2 décembre.
Le vernissage a lieu le samedi 24 novembre à 18h.
Heures de visites : tous les jours de 14h à 18h.
Venez nombreux !!! 9/7/2007 Libertine
Un rayon de lune en sous-entendu Lève le voile sur un privilège, Pas à pas, au rythme de l’arpège Le mystère se révèle inattendu ;
Mode menue pour un monde nu Derrière elle un univers se devine, En-dessous, des demi-lunes Dansent une sarabande assassine. Texte : Frédérique Bourdin
Tableau : "Rayons de lune" par Anne-Catherine Canon
7/18/2007 Biographie et entrevueBIOGRAPHIE
Le 18 avril 1978, troisième enfant de la descendance BOURDIN, Frédérique pousse ses premiers cris dans un hôpital Nantais.
D’une famille catholique pratiquante, elle grandit dans un univers protégé, sans grande fantaisie ni heurt mais sans parvenir à trouver sa place au sein de la maisonnée. La troisième place devient dure à supporter, après le seul garçon et avant la petite dernière.
Au collège, l’écriture lui apparaît comme un moyen d’évasion, une envie d’être soi. Par orgueil aussi. Une possibilité de laisser échapper le tumulte des sentiments, d’un trop plein de vie au trop peu d’affection décelée.
Sa pudeur gomme les reliefs de son adolescence revendicatrice, puis le présent prend le dessus : elle épouse sans conviction le schéma sociétal. L’exogamie. Une nouvelle région, un homme attirant, une enfant, un appartement, des petits boulots. Petit à petit, de mauvais choix en non-dits, Frédérique, aux côtés de son compagnon, se réfugie dans un monde terni par l’image qu’il lui renvoie d’elle-même. Quelques années de vie commune suffisent à la faire douter à chaque instant, à tel point qu’elle se persuade que le bonheur n’existe pas, qu’il n’est qu’une invention ridicule pour faire rêver les enfants…
A la mort de sa mère, le temps ralentit brusquement. Un relent d’inachevé l’investit. L’absence. La colère. Le manque. Le déficit d’amour, reçu et donné. La révélation de l’amour inébranlable d’une fille pour sa mère. L’espoir débouté d’être un jour, certaine que sa mère l’aimait.
Et pendant ce mauvais temps, un bonheur amoureux déchu, le début d’une spirale viciée. Une descente interrompue par des coups à l’âme, à l’amour propre, au corps enfin. Une rupture. Un départ. Un nouveau départ. La reconstruction.
La jeune femme s’installe avec sa fille dans la maison où elle a toujours connu sa mère. Les souvenirs l’assaillent. L’écriture revient avec sa fanfare de mots qui sortent les non-dits de leur torpeur. Elle laisse couler son cœur jusqu’à atteindre un monde fait de respect, de règles, de conditions… sa condition, un coup de fouet au destin. D’abord quelques lignes, quelques vers… petit à petit les maux s’échappent pour se faire sensuels, érotiques... voluptueux. La vie qui se glisse dans ses veines. Plus forte, plus solide. Des expériences qui modèlent l’existence. Le cœur à nouveau libre, elle rencontre un homme sur Internet qui lui fait découvrir une autre face de sa personnalité, désirs inavouables et… inassouvis. Auteur par le passé et sophrologue, il la conseille, la forme, lui apprend à avoir confiance en elle. Rapidement, un projet de vie commune s’installe. Entre l’amour et l’écriture, Frédérique apprivoise ses douleurs.
Coup dur alors pour la jeune femme : il la quitte. Elle refuse d’écouter et de comprendre, et ne peut accepter les raisons de cette rupture qui la renvoient une fois de plus face à ses échecs sentimentaux. Elle ne se sent plus capable de faire confiance, elle vit cette séparation comme une trahison. La rage au ventre, elle jette sa colère aux hommes sur un site de rencontres. L’un d’eux, Thierry, la déstabilise rapidement en mettant le doigt sur ses blessures. Surprise, elle tombe sous le charme malgré une certaine retenue. Elle veut rester concentrée sur l’avenir à construire, mais l’amour s’installe et elle se laisse porter de nouveau par ses sentiments. Deuxième naissance, Frédérique devient Papillon, femme libérée et entière qui prend son envol vers l’infini d’une vie. Nul besoin de se retourner. Plus de doute. Le futur s’ouvre. Elle stabilise sa vie familiale et professionnelle tout en restant une femme secrète qui se dévoile au fur et à mesure. D’une sensibilité à fleur de peau, marquée par son vécu familial, décalée, avec son look parfois provoquant.
Vient ensuite une première publication dans laquelle elle se définit. « D’ailes brisées à elle sensuelle » est son premier recueil de poésie. Il lui a permis de tourner une page de son histoire. Mystérieuse, elle dévoile sa sensualité à travers les mots.
Frédérique vit aujourd’hui dans la région parisienne, heureuse en couple comme elle ne l’a jamais été. Elle s’épanouit de jour en jour mais garde au fond d’elle une lutte continuelle avec des souvenirs douloureux qui la constituent.
ENTREVUE :
Abdelouahid Bennani : _ Bonsoir Frédérique, tu t’es enfin décidée à publier ton recueil, depuis le temps que tu écris. Est-ce dû à Paris ? (sourire)
Frédérique Bourdin : _ Bonsoir Wahid. Sourire… Non, mon recueil n’est pas dû à Paris. Je le dois à Guy qui m’a demandée si j’étais intéressée pour publier, à l’automne dernier. S’il ne l’avait pas fait, je pense que ce recueil ne serait pas sorti tout de suite parce que je suis très exigeante envers moi-même et jamais totalement satisfaite du résultat. J’estimais pouvoir faire mieux avant d’être publiée mais finalement, le résultat me comble. Quant à Paris… je dirais que c’est la cerise sur le gâteau.
A. Bennani : _ Le bonheur que tu vis à présent t’inspire-t-il autant que les échecs sentimentaux ?
F. Bourdin : _ Sourire… j’ai envie de te répondre une chose : tu verras bien dans le second recueil mais oui, il m’inspire tout autant, sinon plus parce que ce bonheur là, c’est le présent et je le vis pleinement.
A. Bennani: _ « D’ailes brisées à elle sensuelle » ? J’avoue ne pas comprendre le sens de ce titre.
F. Bourdin : _ « D’ailes brisées à elle sensuelle »… C’est un peu le « résumé » de ces deux dernières années de ma vie. Transformer les « ailes brisées », douleurs de l’âme, en « elle sensuelle », féminité, amour. C’est ce que je suis parvenue à faire, et j’ai retranscris mes sentiments au travers de ce recueil qui me raconte.
A. Bennani : _ Ce recueil rassemble-t-il toutes tes poésies depuis le collège où tu considérais l’écriture comme un moyen d’évasion?
F. Bourdin : _ Non. Seuls les poèmes écrits depuis deux ans sont présents. Ceux que j’écrivais au collège doivent être quelque part dans un grenier de la maison familiale sur des feuilles poussiéreuses. Je me revois encore assise dans mon grenier où j’aimais m’enfermer pour écrire à la lumière d’une ou plusieurs bougies. J’avais déjà l’impression de m’évader.
A. Bennani : _ La couverture est illustrée par un papillon aux formes humaines. Est-ce ainsi que tu te vois, un papillon humain ?
F. Bourdin : _ Sourire… Non. Si c’était le cas, j’aurais tout fait pour avoir des ailes de papillon dans le dos… rires… quoique… avec le tatouage que j’ai sur les reins, ce n’est qu’une demi-vérité. Mais non, je ne me considère pas comme tel. Le papillon est apparu à peu près en même temps qu’est revenu l’écriture. Il est le symbole de l’envol, de la vie, de l’éveil. Il est éphémère aussi, comme nos vies. Il me permet de me rappeler qu’il faut profiter de chaque instant qui passe, et faire en sorte de ne jamais rien regretter. Le papillon est très symbolique en ce sens, il vit, il profite et puis j’aime beaucoup aussi cette phrase : « Un battement d'aile de papillon à Paris peut provoquer, quelques semaines plus tard, une tempête sur New-York »… chaque geste, chaque pensée, a des répercussions sur quelque chose ou sur quelqu’un, que l’on soit ou non paré de bonnes intentions.
A. Bennani : _ Un papillon est comme le paon qui adore montrer ses magnifiques plumes, mais ce n’est qu’un « Insecte » ébloui par la lumière qui le brûle. Des instincts suicidaires ?
F. Bourdin : _ Le papillon est différent du paon. Le paon se pavane tandis que le papillon se contente d’Etre. Il ne déploie pas ses ailes pour se faire admirer, il les déploie seulement s’il est importuné ou alors pour découvrir de nouveaux horizons. Il arrive parfois qu’un papillon se brûle mais qui peut se vanter de ne s’être jamais brûlé les ailes quelque part ? Ce n’est pas être suicidaire pour autant, et ce n’est pas mon cas. Est-ce la lecture de mon livre qui t’a inspiré cette question ?
A. Bennani : _ Oui, il y a plusieurs poèmes dont je nomme un dont le titre est « Abandon » : « De leur départ elle ne s’est pas remise Elle ferme les yeux et s’en va les rejoindre. »
F. Bourdin : _ Tu n’as pas tort… Pris au premier degré, ces vers peuvent y faire penser et lorsque je les ai écris je me rappelle y avoir songé. Mais on peut aussi les prendre dans un sens différent. Lorsqu’elle part les rejoindre, on peut aussi penser qu’elle est si fatiguée d’avoir tant de peine qu’elle se réfugie dans le sommeil afin d’être avec eux dans ses rêves. Epuisée par le chagrin ? Dépressive ? Suicidaire ?... Plusieurs explications possibles auxquelles le lecteur peut s’identifier suivant ses propres expériences.
A. Bennani : _ Quel serait la couverture de ton second recueil, un autre papillon ? (sourire)
F. Bourdin : _ Non, pas de papillon en couverture pour le prochain. J’ai déjà l’idée de la couverture et du thème mais… chut…
A. Bennani : _ Et ce sera pour quand, ce deuxième recueil, Frédérique ?
F. Bourdin : _ Je ne sais pas… peut-être cet hiver ou au printemps prochain, voire plus tard. Je n’ai jamais réussi à « dresser » les mots pour qu’ils répondent présents lorsque j’ai envie d’écrire. Je les laisse mûrir. Alors quand ? Je ne sais pas mais bientôt j’espère.
A. Bennani : _ Tu commences ton recueil par le « 13 Juin », pourquoi cette date qui porte le nombre 13 ? Est-ce bien la date du décès de ta défunte mère ?
F. Bourdin : _ Oui, c’est la date de son décès, 13 juin 2005. Si j’ai commencé par celui-ci, c’est parce que cette date coïncide plus ou moins avec la naissance de « Papillon ». Ce recueil m’a permis de tourner une page plus sereinement sur une partie de ma vie alors c’est naturellement que je lui rends hommage avec mes poèmes, en plus de lui dédicacer mon livre. C’est une manière de lui dire ce que j’avais sur le cœur, et une habitude que j’ai gardée pour « communiquer » avec elle. Cela me donne l’impression d’une correspondance, mais à sens unique, certes.
A. Bennani : _ On imagine que les tout premiers poèmes sont dédiés à ta maman. Et, dans toutes les religions, dans toutes les cultures la mère est plus « vénérée » que le père. C’est du à quoi ?
F. Bourdin : _ Sans prétendre avoir réponse à tout, je pense que si la mère est autant « vénérée » c’est bien parce qu’elle a la capacité d’enfanter. Pour un enfant, la mère est le lien avec la vie. Elle écoute, elle conseille, elle console. C’est un guide. Perdre sa mère, c’est perdre une partie de soi, de son identité. La mère est un « pilier » dans une famille. Tout passe par elle, elle sait tout, elle connaît tout (du moins le croit-on lorsqu’on est enfant). Perdre sa mère, c’est perdre des repères qui ont toujours été présents. Il faut alors construire les siens si cela n’a pas été fait auparavant.
A. Bennani : _ On sait que ta petite « Crevette » compte beaucoup pour toi. As-tu pensé écrire des poèmes pour les enfants, sachant que la littérature enfantine connaît un grand avenir ?
F. Bourdin : _ Ma fille a eu six ans ce mois-ci. La « crevette » est grande maintenant mais je préfère partager la littérature enfantine avec elle au moment de la mettre au lit, juste avant de lui souhaiter une bonne nuit en la serrant dans mes bras.
A. Bennani : _ L’Internet semble avoir changé pas mal l’existence des internautes. Ceci va de l’amour Numérique jusqu’à la publication poétique. Ceci pour conserver la rime (sourire). Te sens-tu aussi concernée par ce géant de la technologie ?
F. Bourdin : _ Bien sûr. J’ai découvert Internet il y a deux ans, lors de mon retour dans la maison familiale. J’ai rencontré beaucoup d’amis par ce biais. Certains sont encore virtuels, comme toi par exemple, tandis que d’autres sont des amis que je vois dès que l’occasion se présente. La plupart sont des gens concernés par la poésie ou la littérature, mais pas seulement. J’ai été amenée à rencontrer des gens avec qui je n’aurais peut-être jamais sympathisé dans des circonstances réelles et c’est un moyen « express » pour réaliser des projets, comme la publication par exemple. Et puis… comment pourrais-je ne pas me sentir concernée alors que j’ai rencontré Thierry de cette manière ?
A. Bennani : _ Replongeons dans les poèmes. Quels sont les principaux thèmes de tes poésies ?
F. Bourdin : _ Les douleurs d’abord, comme la mort avec l’incompréhension, les questions, la rage et l’acceptation. Comme un coup de gueule ou un coup de blues, les douleurs peuvent avoir des visages très différents. Le second thème, c’est l’amour qui reste lui aussi très vaste. Ces deux thèmes seront présents dans mon second recueil, ce qui ne l’empêchera pas d’être très différent de celui-ci.
A. Bennani : _ J’ai compté une dizaine de poèmes érotiques qui commencent à partir de la page quarante. De l’érotisme décent, j’en conviens. Et je trouve que dans la poésie hispanique, ce thème est plus usuel qu’en français. Ou bien as-tu un autre avis ?
F. Bourdin : _ Je suis de ton avis sur l’érotisme décent (trop ! - rires…) de mes poèmes. Par contre, j’ai eu l’occasion de traduire des poèmes espagnols, par curiosité, lorsque j’étais sur Psf (Poetas Sin Fronteras) et c’est vrai que l’érotisme y est plus présent qu’en France. On dit des espagnols qu’ils ont le sang chaud. Peut-être que les Français sont trop coincés ou timides pour oser écrire des textes semblables. En tout cas ce dont je suis sûre, c’est que l’érotisme dans l’art en France n’a pas un très bon accueil au niveau du public mais surtout au niveau des administrations organisatrices d’événements artistiques.
A. Bennani : Tu écrivais pour qui avant de commencer à publier tes poésies?
F. Bourdin : J’ai écris et j’écrirai encore pour ma mère, mon père, ma fille, mes amis, mes amours, j’écris pour tous ceux que je côtoie ou pour tous ceux à qui j’ai un message à faire passer. Mais avant tout c’est pour moi que j’écris. Cela me permet de me soulager d’un poids, qu’il soit léger ou non. L’écriture est un art solitaire.
A. Bennani : Il m’est arrivé de lire tes proses, et je dois dire que là aussi tu te débrouilles très bien. Tu n’as pas de nouvelles ou des romans en point de mire ?
F. Bourdin : Merci pour le compliment. (sourire) Il y a un roman en effet. Un thriller plus exactement. J’ai commencé à écrire le début au printemps dernier mais il a été mis de côté à cause de la publication de mon recueil. Thierry a hâte que je m’y remette car nous l’écrivons ensemble, les idées de l’un rebondissant sur celles de l’autre. Pour l’instant tout se passe bien mais je me doute que nos idées ne seront pas toujours les mêmes. Nous ne sommes déjà pas d’accord sur la fin alors…
A. Bennani : « Quelquefois, je voudrais pouvoir parler au monde entier et lui crier… »
F. Bourdin : (rires) Non, je ne suis pas encore montée sur le toit d’une maison, d’un immeuble ou en haut de la Tour Eiffel pour crier ce genre de rage mais j’imagine sans problème tout le bien que ça aurait pu me faire quand j’ai écrit cette lettre. Je suis pourtant d’une nature calme et compréhensible mais quand je me mets en colère… il ne fait pas bon être l’objet de celle-ci.
A. Bennani : On connaît à présent tes goûts pour l’écriture, le choix des thèmes…Qu’en est-il de Frédérique lectrice ?
F. Bourdin : Celle-ci dévore tous les livres qui lui passent sous le nez. Je n’ai pas de style particulier. La seule chose qui fait que je vais adorer un bouquin plus qu’un autre, c’est la manière dont l’histoire est écrite. Plus elle va être « tordue » (mais compréhensible), plus je vais aimer. Mais avant tout, ouvrir un livre c’est ouvrir la porte d’un autre monde. Quelques mots suffisent pour que je m’échappe dans la vie de quelqu’un d’autre, dans une autre culture ou un autre temps.
A. Bennani : Un petit commentaire avant de conclure cette entrevue ?
F. Bourdin : Oui. Etre publiée a toujours fait parti de mes rêves de petite fille et je me suis rendue compte que les rêves ne sont pas tous impossibles à réaliser. Alors merci pour cette entrevue. Même si elle était dans un but précis, j’ai eu plaisir à partager cet échange avec toi, et merci de m’avoir invitée aux débuts de Poètes Sans Frontières. C’est un peu grâce à toi aussi tout ça…
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